Namur

Publié le 24-04-2015 | c. p.

Une créatrice namuroise Médaille d’or au salon des inventions de Genève

Qui n’a jamais retrouvé son Loulou en pleurs, hoquetant de désespoir et qui, entre deux sanglots, parvient à articuler qu’il a « perduuhuuuhuuuuu » son « doudouuuuuuuuuu » ? Un truc qui arrive de préférence lorsque vous partez en week-end chez tante Léonie ou en vacances alors que vous n’êtes plus qu’à 2 km de la frontière.

Puisque Loulou tient tant à son doudou, si on créait un attache-doudou ? Seule une maman, confrontée régulièrement à ce type de catastrophe, pouvait y avoir pensé. Véronique Vannuvel, originaire de Wépion, l’a conçu et l’a présenté en novembre dernier au salon Innova, à Bruxelles. Un vrai coup de coeur puisqu’elle a remporté le prix du public, 2e prix le plus important du salon. Et vient de rééditer l’expérience au plus grand salon des inventeurs, celui de Genève! Où elle remporté cette fois ni plus, ni moins que une médaille d’or dans la catégorie « nouveautés pratiques, articles cadeaux » ! Une invention toute en douceur qui trône déjà en bonne place dans une cinquantaine de boutiques, en Wallonie, à Bruxelles et au Grand-Duché du Luxembourg.

L’attache-Doudou
«J’ai deux enfants qui perdaient régulièrement leurs doudou. J’ai donc réfléchi à une solution qui évitait de devoir racheter des substituts. Et si on accrochait Doudou au poignet de Loulou ? J’ai réalisé l’attache-doudou moi-même. Je l’ai laissé traîner deux à trois mois avant de me demander si j’allais le jeter. Et puis, j’ai eu un premier réflexe d’entrepreneuse. J’ai pensé à de futures clientes et je me suis dit que c’était trop bête. Aucune solution identique n’existant sur le marché, l’idée m’est venue de me consacrer à ce projet et d’en faire une entreprise ».
Car Véronique Vannuvel n’a pas toujours été femme au foyer. De septembre 1999 à juillet 2004, elle a travaillé en tant qu’assistante de direction jusqu’à l’arrivée de son 2ème enfant auquel elle se consacre à plein temps. C’est en 2012 qu’elle reprend le chemin du « bureau » – à son domicile – et qu’elle crée la marque Tiloop. En août 2012, elle obtient une bourse de préactivité (12.500€) De l’argent qu’elle va utiliser notamment pour protéger son idée, faire déposer marque et modèle 3D par un bureau de mandataires et financer la labellisation OEKO-TEX® Standard 100.

Labellisé OEKO-TEX®
Eh oui. On ne vend pas n’importe quoi lorsqu’on entre dans le petit monde des objets destinés aux enfants. L’OEKO-TEX® Standard 100 est un système de contrôle et de certification indépendant pour les produits textiles bruts, intermédiaires et finis à toutes les étapes de traitement. Exemples pour des articles certifiables : fil à coudre brut et teint/transformé, tissus et tricots bruts et teints/transformés, articles manufacturés (vêtements de tous types, textiles d’intérieur, draps, articles en éponge, jouets textiles et bien d’autres).

Créer le produit et le vendre
« Depuis, dit-elle, j’ai investi mon temps dans la préparation, le lancement et le développement de cette entreprise ».
Tiloop a été imaginé et conçu sous forme d’un bracelet, composé de deux anneaux de tissu entrelacés. Un anneau complètement fermé se passe autour du doudou en faisant un ou deux tours en fonction de sa taille. L’anneau possédant un velcro s’attache au poignet de l’enfant. Le fait d’avoir un anneau velcro permet, également, de l’attacher au montant de la poussette, de la ceinture de sécurité, au sac, au Maxi-Cosi, … L’aspect sécurité n’a évidemment pas été oublié : Tiloop peut être détaché très rapidement du poignet de l’enfant grâce au velcro permettant d’ouvrir l’anneau et de libérer le bras.
L’objet chéri reste donc mobile et permet à l’enfant de ne rien changer aux habitudes d’utilisation de son doudou. Véronique a fait participer ses enfants tout au long de l’élaboration du projet. Ils ont donné leur avis sur le choix des couleurs, des tissus, le nom de la marque, le type de packaging, … «Au départ, j’ai conçu mon produit avec un regard de maman et décidé de commercialiser par la suite. Le produit s’adressant aux enfants, il était important d’utiliser des matières labellisées », reconnaît Véronique.
Les tissus et les couleurs sont choisis par la créatrice namuroise. Tous les fournisseurs sont belges (packaging, tissus, velcro,…). Par contre, compétitivité oblige, la confection est réalisée avec beaucoup de soins au Maroc. « Par des femmes et pas des enfants » s’est-elle assurée. Je veux donc garder un maximum de contrôle sur ce que je produis. » Les produits reviennent dans un atelier protégé pour l’emballage puis à Wépion où Véronique se charge de la distribution.


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