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Publié le 27-03-2017 | Vincent Royer

« Ma Thèse en 180 secondes » : la recherche résumée, vulgarisée

 Alors que les derniers cours des étudiants se terminaient, la salle académique de l’Université de Liège accueillait un évènement particulier : le concours « Ma Thèse en 180 secondes ». Le nom est explicite : des doctorants présentent leur thèse en 3 minutes chrono. La difficulté, outre devoir condenser des années de travail en quelques secondes, réside dans l’aspect vulgarisateur. L’évènement est ouvert au public, et les présentations se doivent d’être compréhensibles par tous.

Un quart d’heure avant le début prévu du concours, une vingtaine de personnes attendent déjà devant les portes. Le temps passe, la vingtaine devient une trentaine, quand finalement la salle s’ouvre. Avant de rentrer, les visiteurs reçoivent deux jetons, qui leur permettront de choisir, parmi les 10 candidats,  celui qu’ils auront préféré. Comme on peut s’y attendre, il y a un peu de retard, mais rien d’alarmant. Une fois la salle correctement remplie, les présentateurs introduisent l’évènement Ceux-ci sont bien placés pour ce rôle : ils étaient eux-mêmes candidats auparavant.

Après les présentateurs, c’est au tour du recteur de l’Université, Albert Corhay, de parler du concours, de ce qu’il représente pour l’Université, pour les doctorants. Après quoi il faut poser les règles. Qui de mieux placé qu’Adrien Deliège, le gagnant international de l’édition 2015 ? Visiblement, l’exercice lui manque,  les règles sont données en 180 secondes chrono.

Les candidats ont 3 minutes pour expliquer leur thèse, pas une  seconde de plus. S’ils dépassent, ils sont disqualifiés. Comme support, une seule diapositive, sans la moindre animation. A moins d’un problème technique majeur, le compteur ne sera pas remis à zéro. Sur les 10 candidats, 4 seront sélectionnés pour la finale interuniversitaire le 23 mai à l’UCL, qui déterminera les représentants de la Belgique pour la finale internationale, le 28 septembre, au studio Médiarives. Ils seront jugés selon leur qualité d’orateur, de vulgarisateur et même d’illustrateur (avec la diapositive).

Maintenant, le concours commence, c’est Alexis Damas qui ouvre la marche avec « Sang pour sang magnétique », une thèse sur les informations que peuvent communiquer une simple goutte de ce liquide rouge. Après lui, c’est au tour d’Audrey Curtain, avec la violence conjugale chez les adolescents, puis Jéromine François, qui nous parle de l’importance des personnages de fiction, du passage de ceux-ci du récit au mythe. Comme pour les deux précédents, séance d’applaudissements, trait d’humour des présentateurs et c’est à Marie Wehenkel. Elle travaille sur la maladie d’Alzheimer,  plus précisément, comment l’apprentissage des ordinateurs pourrait aider à son diagnostic. Cette première moitié est clôturée par Thomas Pollenus, qui évoque une maladie responsable de saignements et d’hémorragies. Malgré la gravité du sujet, l’ambiance est légère quand il termine, alors qu’un interlude musical au piano commence.

Après un temps de pause, le concours reprend avec comme premier sujet : le burnout. C’est Jessica Gilsoul qui travaille dessus, en impliquant l’imagerie médicale. La formule reste la même : 3 minutes de présentation, applaudissements, calembours, au suivant. Cette fois c’est au tour d’Emna Benzarti, qui introduit au public le virus Usutu, une menace pour les oiseaux sauvage d’Europe. S’ensuit une question de la part d’Alice Bernard, la huitième candidate : comment faire pour que l’intestin produise de l’insuline, à l’instar du pancréas ? Après qu’elle ait développé sa thèse, on reparle de virus, avec Léa Morvan, qui titre son sujet : « Le côté obscur de la force : le réveil du virus ». Et finalement, on arrive au dernier candidat, Alain Mercy qui s’est intéressé aux effets de la température sur certains  éléments. Un sujet complexe, mais comme ses neuf prédécesseurs, il a réussi à en parler en 3 minutes.

Maintenant que chacun a pu dévoiler sa thèse en 180 secondes, le jury s’isole pour délibérer. Le pianiste reprend sa place auprès de son instrument alors que le public est invité à voter pour les deux candidats qu’il a préférés. Les candidats discutent patiemment avec leurs proches, qui font part de leurs impressions. Pour eux, la pression est retombée, ils sont soulagés d’avoir enfin pu passer cette épreuve. Devoir vulgariser des sujets aussi complexes que les leurs, censés être l’aboutissement de leurs études n’est pas tâche facile, selon Alain Mercy, c’est ça la vraie difficulté, pas le format de trois minutes.

Après un temps d’attente surement plus long pour certains que d’autres, le jury revient, et tout le monde reprend sa place. Avant d’annoncer les vainqueurs, la présidente commente cette finale du concours « Ma Thèse en 180 secondes » : « Le choix a été difficile, ils ont tous été très bons. » Enfin le verdict tombe. Les quatre vainqueurs sont : Alain Mercy, Audrey Courtin, Jéromine François et Alexis Damas. Ce dernier n’en reste pas là et remporte le prix du public dans la foulée.

En guise de conclusion, un drink est organisé dans le hall du bâtiment du XX août. C’est l’occasion pour le public de discuter avec les jeunes doctorants de leur performance comme de leurs travaux. Eux profitent d’un moment festif amplement mérité.

 « Ma thèse en 180 secondes » en est à sa cinquième édition en Belgique. C’est la version française de « 3 Minutes Thesis », un évènement créé en Australie. Il s’est vite popularisé, et est maintenant organisé en France, au Canada, en Suisse, en Angleterre ainsi que dans certains pays africains.

Copyright photographie : © 2017 Michel Houet – ULg

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