Publié le 18-04-2014 | Cci Mag

Etes-vous un pro des relations presse ? Faites le test !

Proposé par Madeleine Dembour, ce petit QUIZZ vous aide à situer votre niveau de connaissance de la presse.

1. Une erreur dans un article de presse, je contacte le rédacteur en chef

Faux

Restez ZEN. La plupart du temps, même si elle est énervante, l’erreur n’est pas préjudiciable. Vérifiez aussi si elle ne provient pas de vous : les documents que vous avez transmis au journaliste sont-ils exacts ? (carte de visite, votre site web…).  Si, malgré tout, l’erreur vous reste « en travers de la gorge », contactez le journaliste pour obtenir un justificatif, ensuite seulement son rédacteur en chef si votre demande n’aboutit pas. Il est toujours possible d’obtenir un droit de réponse mais attention à l’effet boomerang (l’attention des lecteurs est attirée alors que l’erreur était passée inaperçue). Plus « hard » : saisir le conseil de déontologie journalistique (www.deontologiejournalistique.be), ou mettre l’affaire aux mains de votre avocat. Dans tous les cas, évitez le ton agressif.

 

2. Un bel article sur mon entreprise, je le scanne et mets le PDF sur mon site web !

Faux

Un article est considéré comme une œuvre et est donc soumis à un droit d’auteur. Seul le journaliste ou, après cession, son ayant droit (la plupart du temps son éditeur) a la possibilité d’autoriser la reproduction de l’article. Même s’il s’agit d’une interview ou d’un portrait de vous, l’article ne vous appartient pas ! Concrètement, faites un résumé ou une synthèse de l’article et utilisez ce résumé pour toute diffusion. Vérifiez sur le site www.copiepresse.be le caractère licite de l’usage que vous comptez faire.

 

3. Ce sont les vacances de Pâques, j’attends la rentrée pour envoyer mon communiqué de presse

Vrai… et faux

Les périodes de vacances sont très creuses. Les gens travaillent moins, tout tourne un peu au ralenti. Mais parfois, les vacances sont tellement vides que personne ne sollicite les journalistes. Ils apprécieront un sujet intéressant. Vous pouvez aussi vous positionner dans les « séries d’été » que le presse quotidienne consacre à différents sujets divers et variés.

 

4. Pour être sûr d’avoir un bel article, j’invite le journaliste à dîner dans un bon resto étoilé

Faux

Les journalistes sont des gens pressés. Avec internet, le bouclage est permanent. Pas question de s’attarder trois ou quatre heures à table. La notion d’indépendance est très importante, et aucun journaliste n’apprécie l’idée d’être « acheté ». Dans une certaine presse professionnelle, les cadeaux se pratiquent, mais il est important de rester raisonnable au niveau de la valeur marchande du cadeau. Ceci ne veut pas dire qu’il est interdit de manger avec un journaliste, mais l’endroit choisi ne doit pas être ostentatoire.

 

5. J’ai pris une pub dans un magazine, cela me donne droit à un article en retour

Faux

Il existe dans les médias une étanchéité entre les services commerciaux et les services rédactionnels. En réalité, une certaine confusion peut exister, notamment lorsque des journalistes payés par les régies publicitaires portent une double casquette ou se disent envoyés par la rédaction. On se trouve alors dans un contexte de « publi-reportage » : c’est un espace que vous achetez, et dans lequel vous publiez un article rédigé par vos soins ou par un professionnel que vous rémunérez. Ce type d’article doit être clairement identifié par une mention du style : publiscopie ou dossier spécial. Le contenu doit être imprimé dans une police et une forme différentes du contenu rédactionnel.

 

6. Je me force à communiquer régulièrement vers la presse : j’envoie un communiqué chaque premiers mercredis du mois

Faux

Ne confondez pas information et communication. Votre agenda de communication est une chose. Les journalistes recherchent pour leur part des infos qui susciteront l’intérêt de leurs lecteurs, auditeur, téléspectateurs. Donc ne faites pas des communiqués de presse pour ne rien dire.

 

7. J’ai le droit de relire un article avant sa parution

Faux

Ni l’usage ni le droit ne consacrent le principe de la relecture. Un accord amiable peut être conclu avant l’entretien (jamais après !). Les éventuelles corrections se limiteront aux erreurs factuelles. Veillez à fournir une documentation la plus complète possible, ce qui limitera les erreurs. Les journalistes eux-mêmes demandent parfois à l’interviewé une relecture, en raison de la technicité du domaine abordé par exemple.

 

8. Une conférence de presse avec 6 journalistes est un succès !

Vrai

Les rédactions sont de moins en moins étoffées et de pus en plu sollicitées. Organisez une conférence de presse uniquement si vous devez montrer quelque chose : un nouveau produit, un nouveau bâtiment, un nouveau directeur… Si le contenu ne nécessite pas le déplacement, les journalistes se contenteront du dossier de presse.

Madeleine Dembour pratique les « relations presse » depuis 20 ans, d’abord au sein de l’Union Wallonne des Entreprises, et depuis 2008 via sa propre société KALAMOS. Son expérience l’a amenée à prendre la mesure du «grand fossé » séparant le monde des journalistes de celui des entreprises, en particulier des PME.


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