Publié le 29-04-2014 | c. p.

Le travailleur belge n’a pas peur du changement

Les travailleurs ne sont pas contre le changement sur le lieu de travail. Ils sont cependant moins disposés à y collaborer qu’il y a 5 ans. Par contre, 71 % des travailleurs belges sont convaincus que les changements restent nécessaires. C’est ce qui ressort d’une étude que Securex[1], a menée en collaboration avec la KULeuven[2] sur la disponibilité au changement de ce genre et son impact sur les travailleurs.

Les travailleurs sont moins disposés à collaborer au changement qu’il y a 5 ans

En 2008, 1 travailleur sur 9 souhaitait collaborer aux changements sur le lieu de travail. Ce pourcentage est resté plus ou moins stable jusqu’en 2011[3]. Mais en 2012, la disponibilité au changement n’était plus que de 83 %, soit une baisse de 7 points pourcent. Depuis 2013, elle est néanmoins repartie à la hausse (vers 87 %) mais sans atteindre toutefois le niveau d’il y a 5 ans.

Les travailleurs ne sont donc en principe pas réticents face aux changements au sein de leur organisation. En effet, 71 % des travailleurs belges estiment que les changements qui sont mis en œuvre dans leur organisation sont nécessaires. 67 % d’entre eux ont confiance dans la bonne issue de ces derniers et 66 % sont même convaincus que les changements au sein de leur organisation se traduiront par des améliorations. Enfin, 87 % des travailleurs se disent prêts à collaborer aux changements mis en œuvre au sein de leur organisation.

Le changement organisationnel n’est pas une raison pour mettre les 50+ à la porte

Les résultats de l’étude démontrent que les plus de 50 ans sont autant ouverts au changement que les jeunes travailleurs (87 %). Hermina Van Coillie, HR Research Expert, explique à ce propos : « On dit souvent que les travailleurs plus âgés sont moins disposés au changement. Ceci est utilisé comme un des nombreux arguments pour licencier en première instance ce groupe lors d’un changement organisationnel tel qu’une fusion ou une restructuration. Notre étude montre que ce n’est pas le cas. Ils croient tout autant à la nécessité des changements, ont autant confiance dans une bonne issue et en distinguent les possibilités d’amélioration. Ils sont en outre tout autant disposés à collaborer à ces changements.»

Les travailleurs en Flandre sont plus ouverts au changement

Les travailleurs flamands sont davantage disposés à collaborer aux changements que leurs homologues wallons et bruxellois (90 % contre 81 %). Les travailleurs wallons ont moins confiance dans la bonne issue des changements mis en œuvre au sein de leur organisation que les travailleurs flamands et bruxellois (60 % contre 69 %). Les travailleurs au sud de la frontière linguistique sont également moins convaincus que les changements dans leur organisation se traduiront par des améliorations (60 % contre 69 %).

Les travailleurs du secteur public sont moins conscients de la nécessité des changements que les travailleurs du secteur privé (67 % contre 72 %). Ils ont également moins confiance dans les changements (61 % contre 70 %) et sont moins convaincus que ceux-ci apporteront une amélioration (59 % contre 70 %). Et pourtant, les travailleurs du secteur privé ne sont pas plus disposés à changer que ceux du secteur public (87 %).

En 2012, près d’1 travailleur sur 3 a connu au moins un changement dans son organisation (surtout une restructuration)

5 % de tous les travailleurs interrogés ont été confrontés à une fusion, 20 % à une restructuration, 1 % à une privatisation, 4 % à un licenciement collectif et 7 % à un autre changement. En 2012, ils sont plus de 2 travailleurs sur 3 à n’avoir connu aucun changement au sein de leur organisation.

Sur les 31 % qui ont connu au moins un changement dans leur entreprise, nous pouvons répartir ce nombre en 28 % à n’en avoir vécu qu’un seul changement organisationnel en 2012 et 3 % à en avoir vécu plusieurs (jusqu’à 3 maximum).

Les travailleurs qui ont connu un changement dans leur organisation les 12 derniers mois avant l’enquête prestent moins bien sur certains domaines par rapport à ceux qui n’ont pas subi de changement. Ils sont plus longtemps absents pour cause de maladie ou d’accident de nature privée (12 jours contre 9 jours durant 12 mois) et se déclarent plus facilement malades (60 % ont au moins été absents une fois, contre 54 %). Ils sont également plus stressés au travail (67 % contre 58 %) et même plus stressés en général (42 % contre 31 %).

Ils disent aussi plus souvent que leur santé les handicape dans leurs activités sociales (tels visiter des amis et membres de famille) (30 % contre 25 %) et pensent que leur travail a un impact négatif sur leur santé (37 % contre 28 %). Il sont également :

 

·         moins productifs (86 % contre 91 %)

·         moins impliqués dans leur travail (82 % contre 87 %) et dans leur organisation (68 % contre 74 %)

·         moins motivés (78 % contre 85 %)

·         moins satisfaits (77 % contre 84 %)

 

Ils plus souvent enclins à quitter leur organisation (32 % contre 23 %), mais ceci n’est pas nécessairement négatif.

 

C’est surtout l’insécurité qui démotive l’employé, et moins le changement

Hermina Van Coillie conclut à cet égard : « Les changements dans les organisations conduisent encore trop souvent à une insécurité d’emploi : plus il y a de changements dans une entreprise, plus les travailleurs craignent pour leur emploi. Et cela a des conséquences très négatives comme une moins grande implication dans le travail et l’entreprise, moins de motivation, moins de satisfaction au niveau du travail et de l’entreprise, moins de disposition au changement, plus d’intention de départ, plus de stress au travail, etc. Mais heureusement, nous pouvons faire quelque chose pour réduire cette insécurité : veiller à une communication honnête et transparente. Plus il y a de communication dans une entreprise, et qu’elle soit de qualité, moins il y a d’insécurité d’emploi chez les travailleurs. En effet, ce n’est pas le changement qui provoque une baisse de la motivation chez les travailleurs, mais l’incertitude qui va souvent de pair avec ce changement. ».



[1]Basé sur des chiffres récents du printemps 2012 et 2013 auprès de plus de 2000 travailleurs salaries. Ces échantillons sont representatifs pour le marché du travail belge par rapport aux variables : sexe, âge, region et statut. Les données ont été  rassemblées par le biais d’enquêtes en ligne.

[2]Cette enquête a été réalisée en collaboration avec le Dr. Tinne Van der Elst et le Prof. Dr. Hans de Witte.

[3] En 2010, nous avons diffuse un white paper sur les changements organisationnels. Celui-ci est téléchargeable gratuitement sur http://www.securex.be/fr/detail-page/Whitepaper-Changements-organisationnels–maldiction-ou-bndiction–Annexe-Graphiques/


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