Publié le 29-04-2015 | Jacqueline Remits

ORA : automates innovants

Fondée en 2006 par un chimiste liégeois multi-diplômé, Vincent Tadino, la société Optimized Radiochemical Applications (ORA) fabrique des automates destinés à la production de traceurs pour l’imagerie médicale. L’entreprise vit une forte croissance et une expansion internationale avec un chiffre d’affaires réalisé à 100 % à l’exportation !

TADINO

Vincent Tadino

En quelques années et grâce à plusieurs technologies innovantes, dont certaines brevetées, et un positionnement au carrefour des technologies de l’information et des biotechnologies, la société ORA a révolutionné le marché mondial des automates de synthèse pour la production de traceurs en imagerie moléculaire. Elle est devenue leader dans la production de nouvelles générations de traceurs pour le diagnostic de différentes maladies. Une réussite qui doit tout à son fondateur et CEO, Vincent Tadino.

Après des études, dont un doctorat, en chimie organique à l’Université de Liège, Vincent Tadino, devenu assistant, s’intéresse à la radiochimie avec le fluor radioactif (fluor 18). En 1998, il part pour un post-doctorat à l’Institut de chimie organique de Caen. « Pendant un an, j’ai travaillé sur le marquage de substances naturelles avec ce fluor. C’était alors le début des études de traceurs pour la maladie d’Alzheimer, détaille-t-il. Un traceur est la combinaison d’une molécule porteuse et d’un radio-isotope du fluor. Ces traceurs sont injectés au patient et, en fonction du vecteur, se fixent dans tel ou tel organe, ce qui permet de diagnostiquer, grâce à un scanner appelé PET-scan, différentes pathologies telles que les cancers, les maladies cardiaques ou neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson). » Recruté par IBA, il y travaille jusqu’en 2002. « J’ai construit leur premier centre de distribution de fluorodesoxyglucose (FDG). » Il part ensuite aux Etats-Unis, chez Bioscan à Washington. « Je m’occupais de la R&D pour développer de nouvelles machines et je voyageais à travers les Etats-Unis pour les installer. » En 2004, il retraverse l’Atlantique pour travailler chez AAA, start-up du Cern à Genève, leader européen de distribution de traceurs radio-pharmaceutiques. « J’ai mis en route leur premier laboratoire de production commerciale. Je m’occupais aussi de la mise en place de la production et distribution d’autres traceurs fluorés. »

Fournisseur d’Eli Lilly et de Siemens
Après ces années à l’étranger, Vincent Tadino rentre en Belgique décidé à mettre cette belle expérience au service de sa propre entreprise, ORA créée à Liège en 2006 dans son garage. Durant les trois premières années, il travaille comme consultant pour différentes sociétés. « Je réalisais de la maintenance de machines produisant le FDG et je développais la mise en route aux normes GMP (Good Manufacturing Practice) de centres de production de radio-pharmaceutiques et d’automates de synthèse. J’ai travaillé pour des laboratoires en Grande-Bretagne, en Italie, en France, en Turquie. » La crise de 2008 fait perdre au consultant ses contrats de maintenance et le décide à franchir une nouvelle étape. En 2009, il conçoit un tout nouvel automate. Son approche de chimiste lui permet de se différencier de ce qui existe jusqu’alors. Il développe d’abord un nouveau programme informatique pour ce nouveau type d’automate. Son premier client est une spin-off de l’université de Pennsylvanie, Avid, basée à Philadelphie, qui cherche alors un automate flexible pour son traceur Alzheimer. « J’ai reçu rapidement une première commande pour dix machines ! » Quand cette société cliente est rachetée par Eli Lilly à la fin 2010, ORA devient fournisseur de ce groupe pharmaceutique, et ensuite de Siemens. Il est temps pour Vincent Tadino de quitter son garage. Sa société intègre des locaux à Philippeville, 500 m² d’ateliers, de bureaux et de stock. « Ma machine a été la première au monde à être approuvée par la FDA aux Etats-Unis, par l’Agence européenne du médicament et par celle du Japon pour produire le premier traceur propriétaire d’une grosse société pharmaceutique. Un nouveau brevet nous a permis de fabriquer des machines plus compactes avec les mêmes capacités techniques que des modèles antérieurs. Notre objectif est de continuer notre collaboration avec Eli Lilly qui développe de nouveaux traceurs actuellement en phase d’essais cliniques. » Avec cette expansion internationale très rapide, le chiffre d’affaires, qui était de 600 000 euros en 2010, est passé à 4 millions d’euros en 2014. Un chiffre réalisé à 100 %  à l’exportation dans 25 pays sur les cinq continents. ORA emploie actuellement une dizaine de personnes et sous-traite l’informatique, la mécanique et le design auprès d’entreprises wallonnes.

 

Optimized Radiochemical Applications (ORA) : Rue de la Gendarmerie n°50 B à 5600 Philippeville – Tel : 071/61.40.53 – www.oradiochem.eu


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