Publié le 12-05-2015 | c. p.

Les connaissances en gestion des entrepreneurs sont insuffisantes

Dans le cadre d’une précédente enquête menée en 2013, l’IPCF posait la question  suivante à ses membres : « Estimez-vous de manière générale que vos clients (qu’ils soient indépendants ou dirigeants d’entreprises) sont bien formés en gestion ? ».  Pour 70% des participants, la réponse était non.  Alerté par ce pourcentage et par le taux incontestablement élevé des faillites en Belgique, l’IPCF a procédé en mars 2015 à un nouveau sondage entièrement consacré aux connaissances en gestion des entrepreneurs.

Soulignons que l’enquête menée en 2015 a été largement plébiscitée par les comptables-fiscalistes. En effet, près de 2000 comptables-fiscalistes (soit plus d’un tiers des membres de l’IPCF) y ont participé.

Statu quo, amélioration ou dégradation ?

Premier constat de l’enquête menée en 2015 : 71% des comptables-fiscalistes sondés constatent un statu quo par rapport aux connaissances en gestion de leurs clients, 16% une dégradation et seuls 13% une amélioration. « A l’IPCF, nous souhaitons tirer la sonnette d’alarme et inviter l’ensemble des acteurs du monde politique et économique à entreprendre des actions concrètes visant à optimiser les connaissances en gestion de nos professions libérales, TPE et PME ! Il en va de la santé de notre économie  », souligne Jean-Marie Conter, Président de l’IPCF et comptable-fiscaliste agréé. « A l’IPCF, nous continuerons à informer nos membres sur la dimension pédagogique de leur profession », poursuit-il.

Parmi les autres résultats du sondage, on retiendra :

Type de lacunes en gestion : 73% des participants à l’enquête observent que les lacunes de leurs clients ne sont pas spécifiques à un domaine mais sont globales. En effet, ils observent des carences similaires dans les domaines que sont la gestion de trésorerie, la lecture des comptes annuels et la fiscalité. « Nous pensions que les faiblesses observées par les comptables-fiscalistes chez leurs clients seraient plus marquées au niveau de la lecture des comptes. Ce n’est pas le cas. L’enquête indique très clairement que les connaissances des entrepreneurs sont insuffisantes dans les trois domaines » , explique Xavier Schraepen, Vice-Président de l’IPCF.

 – Train de vie : dans le cadre de l’enquête, l’IPCF souhaitait savoir si ses membres considèrent que leurs clients font passer leur rémunération personnelle avant la rentabilité de leur entreprise. Les réponses des comptables-fiscalistes sont partagées. 51% tendent à répondre par l’affirmative mais cela n’est pas suffisant pour tirer des conclusions alarmantes.

Crédits et endettement : 71% des participants à l’enquête considèrent que leurs clients ne sont pas capables d’estimer leur capacité de remboursement. Concrètement, les comptables observent que nombreux sont les entrepreneurs à contracter des crédits pour financer des investissements parfois non à propos, sans vérifier avec leur comptable s’ils ont la  capacité de les rembourser.

Marge brute : l’enquête indique que 62% considèrent que leurs clients ne sont pas capables d’estimer leur marge brute. Cette observation indique que beaucoup d’entrepreneurs se privent d’un excellent outil de pilotage de leur entreprise.

TVA : 57% des comptables-fiscalistes interrogés observent, chez leurs clients, une incompréhension dangereuse du mécanisme de la TVA. « Force est de constater que de nombreux indépendants et entrepreneurs tardent à payer la TVA due à l’Etat. Bien souvent, il semble même que certains clients ne se rendent pas compte que cet argent ne leur appartient pas et utilisent l’argent du Trésor pour, par exemple, acheter des marchandises. Et qui dit retard de paiement de la TVA, dit amendes salées », précise Jean-Marie Conter, Président de l’IPCF.

Utilisation des tableaux de bord de gestion : à la question  » Lorsque vous fournissez des tableaux de bord de gestion à vos clients, ceux-ci les comprennent-ils ? », 39% répondent « oui », 32% « non» et 29% qu’ils ne fournissent pas de tableaux de bord. Parmi les observations pouvant être tirées de ces pourcentages, soulignons que, même si la majorité des comptables-fiscalistes fournit des tableaux de bord, la proportion de 29% qui ne le fait pas reste trop élevée. Il importe également de souligner qu’un pourcentage encore trop important d’entrepreneurs ne comprennent pas la nécessité de cet outil permettant de suivre, à intervalles réguliers, une sélection de ratios financiers d’une entreprise.


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